#Présidentielle2017 : sport ? culture ?


C’est le jour des nominations du gouvernement donc des Ministres et de leur périmètre de responsabilités. Retour sur notre tribune publiée en mars et avril 2017.

. A quelques heures du résultat des élections, nous avons constaté -à travers les différents débats- que le mot « sport » n’aura pas été prononcé par les journalistes et les divers candidats. Il est évidemment normal que le monde sportif s’interroge sur ce secteur d’activité qui mobilise des millions d’hommes et de femmes en France. On peut reprocher aux candidats-e de ne pas en parler ? faudrait-il encore les questionner lors des débats ? Pour beaucoup d’acteurs de la « Tech », le numérique a peu été évoqué et le sport n’est pas audible à date. Alors parlons-en justement.

Pour mémoire, nous avons noté quelques items que le sport traverse comme le muscle transverse de notre abdomen. Probablement, une grande disruption aura lieu dans la prochaine décennie via une gouvernance plus ouverte via la mixité et la diversité avec de l’inter-génération (inéluctable), une arrivée massive de nouveaux services, de métiers différents qu’apportera la transformation numérique.

L’éducation 

Nous considérons fortement que le sport au même titre que la culture est un pilier d’ouverture, de l’apprentissage de soi et des autres. C’est le terreau des valeurs fondamentales que les hommes et femmes de terrains partagent pour pratiquer le sport.

Le respect, le goût de l’effort, la nécessité du partage, la solidarité que ce soit en sport collectif ou individuel, la prise de responsabilité sont des atouts inculqués aux garçons et filles. Ce sont des points formidables dans la vie. Souvent la pratique se révèle un outil d’émancipation pour l’enfant et en particulier pour les filles. Alors nous rêvons d’un triptyque autour de l’enfant de maintenant aux générations futures : école – culture – sport. Se construire, s’instruire au coeur de ces trois clés mettrait nos enfants dans un axe nouveau et complet de son éducation générale. Qui osera unir un jour ce trio de construction de l’être humain ? Au lieu souvent de les opposer ? La France est candidate pour 2024 pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques et à l’organisation de l’Exposition Universelle en 2025. Cela aurait de la cohérence et du sens.

Le loisir 

C’est le premier cité par les Français (17,6 millions de personnes détentrices d’une licence). 37% sont des femmes. Par ailleurs 35 millions déclarent une activité physique ou sportive (1).

Le poids dans l’économie

– 38 milliards environ : billetterie – sponsoring – infrastructures et prestations associées

– 10 milliards de distribution d’articles de sport et de loisirs

– le sport professionnel avec tous ses services, ses prestataires…(football – rugby – handball – cyclisme – tennis…)

L’impact médiatique

– droits TV avec des retransmissions – des émissions sportives – (publicité). Des enjeux marketing et de publicité importants.

Le gisement d’emplois et de bénévolat 

– 116.000 salariés en 2013 (1)

– 317.000 associations sportives sur 1 million d’associations en France (1) et 3,5 millions de bénévoles (milieu associatif)

– 7,3 millions de salariés (HF) au niveau européen

Le secteur du numérique

Au coeur de la FrenchTech 

La création de startups, un incubateur 100% sport « Le Tremplin » à Paris, les usages liés aux nouveaux services, le e-sport montrent que le numérique et le sport sont faits pour s’accorder. Le digital entraîne le sport dans une autre dimension qu’on ne trouve pas globalement  dans les projets.

 L’outil d’avenir pour la santé

Sans nul doute, le sport sera de plus en plus utilisé pour la prévention des différentes maladies et aussi pour améliorer les soins post-maladie. Ainsi la récente Loi du « sport sur ordonnance » est le coup d’envoi d’un nouvel univers. Alors le lien avec la recherche médicale nous paraît souhaitable en terme de santé au sens large.

Le facteur de cohésion sociale et sociétale 

La pratique d’un sport individuel ou collectif permet à des individus, des groupes de personnes de se rencontrer, d’échanger, de découvrir de nouveaux univers. C’est la diversité et la mixité de la toute la société qui pratiquent ensemble. Le sport est le plus grand terrain de jeu pour vivre l’aventure des autres, avec les autres. Le sport est un incroyable outil d’émancipation pour les garçons et plus particulièrement pour les filles. C’est un vecteur d’épanouissement pour la jeunesse.

Un enjeu à l’international  

– un outil formidable de la diplomatie française.

– un rayonnement de la France à travers le monde. Les exploits sportifs entraînent une image positive de notre pays.

– une candidature de la France pour les Jeux Olympiques et Paralympiques pour Paris 2024. (Pour mémoire, le CIO présent en France du samedi 13 au mercredi 17 mai 2017 – versus élection présidentielle le dimanche 7 mai)

– un lien n’a pas été observé avec le handisport qui est aussi une vraie bulle d’oxygène pour les sportifs (HF) dans les différentes disciplines.

Un capital d’infrastructures

– Des équipements améliorés au fur et à mesure des organisations sportives en France (Euro 2016 de football – Championnat du monde de handball en janvier 2017). Lien avec la politique de construction des aménagements des villes vers la SmartCity ? Stades et arénas professionnels connectés.

– Un savoir-faire d’organisations des évènements internationaux reconnu.

Une organisation pyramidale et statique

– 106 fédérations affiliées au Comité National Olympique Français (CNOSF). Des centaines d’organes déconcentrés pour chaque sport dans les départements et les régions. Et de façon identique pour des unités locales pour le mouvement olympique.

– Une gouvernance des fédérations et entités locales très peu renouvelée. Aucune limité d’âge. Et surtout aucune limitation du nombre de mandats. Système bloqué de cooptation ou de représentants élus des « familles de sport ». Le CNOSF interlocuteur privilégié du ministère des sports n’a jamais été moteur pour faire évoluer cette gouvernance. Avec des gouvernances peu renouvelées, des dérives ont été constatées dans plusieurs fédérations (ex : FF de Tennis toujours dans la tourmente judiciaire). Le Ministère des Sports n’a pas bougé, ne s’est pas ému de quoique ce soit. Un entre-soi mi-politique mi-sport où les mauvaises habitudes de l’entre-soi mènent à des dérives ?

– On notera aussi qu’à chaque fois qu’il y a une nouvelle idée ? un groupe, une entité est créée -par le Ministère ou le Secrétariat des Sports – et tous les méandres voire les tentacules d’organisation n’aident pas à la responsabilisation, à la clarification des rôles (CNDS ? Directeur des Sports ? Haut-Niveau ? Insep ? …). Qui fait quoi ? Pourquoi ? Pour quoi ? Comment ? Organigramme des projets ? Cohérence. Nous posons la question.

Conclusion

La politique sportive et culturelle de la France peut s’inscrire au coeur d’une vision citoyenne pour l’avenir des enfants -garçons et filles- qui seront plus forts dans leur approche de la vie étant initiés au sport et à la culture.

Les hommes et les femmes de demain seront plus épanouis avec une éducation plus qualitative, plus inventive, plus adaptée.

Avec une culture multi-activités.

Et un accès égal à la pratique sportive pour tous les garçons et les filles. 

 

(1) chiffres CNOSF